Du 1er au 17

Juillet



VERNISSAGE :

Vendredi 30 juin
à 18h30


L'EXPOSITION :

Week-ends
10h - 12h et 14h - 18h


Vendredis
14h - 18h

Téléphone : 06 27 08 67 31






JEAN MARC SAULNIER

« Retourner (à) la peinture »


Des-sin / scin-dé : le travail de Jean Marc Saulnier est une question de retournement, un jeu avec la matière tracée dans laquelle il tranche, à vif, qu’il renverse, décale et recolle, pour mieux questionner, brouiller les pistes, atteindre un nouveau dessein, ouvrir le sens, « déceindre » l’espace.

Son œuvre est le fruit d’un processus de construction, déconstruction, reconstruction et de mise en débat de l’espace de la peinture.

A partir de gestes toujours rejoués : dessiner, peindre, découper, retourner, déplacer, coller, il donne vie et explore une infinie variété de possibles de l’espace pictural. En introduisant des modifications dans son système, Saulnier affronte le chaos, le traverse, le dépasse, l’incorpore. Ce chaos habite l’œuvre. Il conditionne sa transformation, rend possible d’autres configurations, une mobilité, un devenir de l’œuvre en perpétuelle mutation.

La question du support est au cœur du travail. L’artiste peut utiliser comme base un matériau porteur d’un motif et d’une histoire - tapisserie, toile cirée, tissu- au verso duquel il dessine. Ce support, comme une peau, zone de contact hypersensible entre le dedans et le dehors, véhicule une puissante charge émotionnelle. Il fait lien avec le mur, avec le passé, quand il est retrouvé dans la cave ou le grenier d’une maison familiale.

L’œuvre, dans sa dimension fragmentaire, aurait d’ailleurs une parenté avec le fonctionnement mémoriel, à travers lequel, le souvenir, souvent parcellaire, est déplacé, recomposé et sublimé. De même, l’oubli joue ici un rôle essentiel, la perte du dessin initial est créatrice, porteuse de liberté, d’une poétique de la légèreté, d’un mystère où chacun peut se projeter.

La problématique du cadre est également récurrente. Les séries
« Limites », « Hors limites », « Hors cadre » font notamment référence et écho aux recherches de certains artistes du groupe Supports-Surfaces.

Les œuvres sans châssis, jouent par exemple entre les bords rectilignes du papier ou du lais de tapisserie et le débordement, lorsqu’une partie de l’œuvre s’enroule au sol. Dans d’autres peintures, l’artiste introduit l’éclatement de la surface, l’expansion de la forme, créant une tension avec le mur, décloisonnant l’espace, ouvrant le champ des possibles.

Cette tension dialectique se matérialise aussi dans une oscillation permanente entre visible et invisible, apparition et disparition, entre abstraction et figuration ; abstraction de la forme finale et figuration du dessin initial, mais aussi, en retour, formes abstraites, qui convoquent l’écriture, comme dans les dernières peintures ou les compositions déploient une calligraphie imaginaire.

Les correspondances se développent entre formes et couleurs. Celles-ci entrent en résonnances, s’apparient, s’entrechoquent, s’harmonisent, ou se heurtent. Les dernières séries explorent de nombreuses combinaisons chromatiques. Elles font échos aux peintres qui ont marqué l’artiste : Messagier, l’un de ses maîtres, ou Véronèse pour la splendeur de sa palette. En parallèle et en complémentarité, une recherche est menée sur le noir et blanc, les richesses du gris, par l’utilisation de la pierre noire, du graphite et de la cire.

Il est aussi question du plein et du vide. Le réagencement des fragments découpés se fait toujours en laissant des trouées, des interstices qui rythment la surface. La porosité de l’œuvre crée une respiration intérieure, un passage qui ouvre les espaces, sans dessus-dessous, invite l’œil à des traversées de la peinture, inédites et jubilatoires.

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